La semaine bleue n’est pas une nouvelle opération créée à la suite du drame sanitaire de la canicule estivale de 2003 mais une très vieille opération. C’est à l’automne 1951 qu’a été fondée « la semaine nationale des retraités et des personnes âgées » plus connue maintenant sous l’appellation « semaine bleue ». Cette semaine permet de valoriser durablement d’année en année le dynamisme citoyen dont savent faire preuve certains retraités et personnes âgées. Mais elle se veut aussi être un moment privilégié de sensibilisation de l’opinion publique sur la place et le rôle des retraités et personnes âgées dans la société actuelle. Les nouveaux vieux, ayant la chance pour la plupart d’entre eux d’être en bonne santé très longtemps, ont un élan de solidarité dans le cadre la plupart du temps associatif. Ils ont la volonté de mettre leurs dynamismes, leurs expériences de la vie et leurs ressources au service de la collectivité. Certains d’entre d’eux disent « transmettre au lieu de s’enfermer sur son age et de ne pas se replier sur le confort sécurisant de ses semblables ». Leur investissement dans une association n’est pas négligeable pour les associations mais surtout pour eux car d’après une étude de l’université du Michigan aux USA « les personnes âgées qui consacrent au moins une partie de leur temps à aider les autres représente un risque de mortalité de 60% inférieur aux seniors qui se replient sur eux-même ». La semaine bleue met l’accent sur ce que les personnes d’age mur peuvent faire pour les autres plutôt que de s’arrêter sur ce qu’elles représentent. Les générations de retraités comme toutes les générations sont riches en différences : différences de santé, de motivation, d’esprit, de moyens pécuniaires, de patrimoine culturel, de croyances, d’opinion, etc... donc on ne peut pas parler des « vieux » comme d’entités aux besoins identiques. Il faut les respecter tels qu’ils sont et la semaine bleue 1 fois par an se charge de le rappeler à la société actuelle car l’avancée en age favorise les ruptures et l’intolérance. Les seniors subissent souvent l’intolérance de leur age et suscite l’indifférence engendrant la plupart du temps l’isolement et c’est ce qu’ils redoutent le plus. Tout le monde doit faire attention aux personnes âgées de sa famille, de son entourage etc... pour éviter cet isolement car c’est malheureusement cet isolement qui a été montré du doigt lors du drame sanitaire de l’été 2003.
Du 18 au 24 octobre, la semaine bleue est le théâtre privilégié de la parole des vieux pour qu’ils parlent enfin d’eux-même avec des récits de vie, une parole qui raconte le vécu de la vieillesse. Mais la semaine bleue n’oublie pas aussi ceux que la maladie et le handicap ont privé de parole, ceux dont l’isolement fait que leurs paroles sont dans le vide. Pour cela à travers toute la France depuis 53 ans des rencontres ont lieu à l’échelon nationale, départementale, cantonale, associatif, etc... afin d’avoir le concours de nos seniors. Mais aussi et surtout pour leur rendre hommages et partager des moments très agréables avec eux. Toutes les générations sont donc amenées à évoluer afin de changer leur vision sur les « vieux » pour avoir plus de tolérance et de fraternité.
Les aînés quel que soit leurs ages, leurs handicaps, etc... ne veulent plus de nos jours être des citoyens au rabais et ne veulent plus être considérés du simple point de vue de leur pouvoir d’achat. Encore moins assimilés à un fardeau lourd à porter pour leur entourage ou pour la collectivité. Ils veulent simplement et c’est normal exister au même titre que tout autre citoyen du pays avec les mêmes droits et les mêmes devoirs de citoyens. Ils le crient haut et fort tout au long de la semaine bleue mais il faut que ce cri et la considération qu’on leur porte se prolongent tout le reste de l’année. Car finalement on les apprécie nos seniors.... Et comme le dit un proverbe africain « quand un vieux meurt c’est une bibliothèque qui brule".