Le musée Guimet est né à la suite d’un projet qui était de créer un musée des religions de l’Égypte, de l’antiquité classique et des pays d’asie. Émile Guimet est l’auteur de ce musée hors du commun. Il est né en 1836 et son père, Jean-Baptiste Guimet, était le polytechnicien inventeur du « bleu outremer artificiel »,sa mère quant à elle ètait une artiste-peintre reconnue de l‘école lyonnaise. Son père produisait ce bleu outremer artificiel dans une usine installée à Fleurieu-Sur-Saone près de Lyon. Ce produit révolutionnaire a été très vite utilisé dans de nombreuses industries. A l’age de 24 ans, Émile Guimet reprend les activités industrielles de son père qu’il développa par la suite. En 1887, il devient le président de la compagnie Pechiney, fondée grâce aux capitaux de sa famille et il en restera le président jusqu’à sa mort en 1918. Émile Guimet créa aussi pour les employés de ses entreprises un fond pour les accidents du travail, des retraites ouvrières, des écoles professionnelles, des mutuelles, etc...
Jusqu’en 1865 rien à priori destinait Émile Guimet à la création d’un musée national aussi important. Mais en cette année 1865, il décide d’entreprendre comme tout le monde à l’époque un voyage de tourisme en Égypte. Ce voyage lui permet de découvrir et par la même occasion de se passionner pour l’histoire de l’Égypte ce qui l’amena tout naturellement ensuite à s’intéresser à d’autres civilisations. « ... Des comparaisons s’imposaient avec les autres civilisations archaïques. Il fallait tourner mes regards vers l’Inde, la Chaldée, la Chine ». Il décide alors de voyager, découvrir et rassembler des œuvres permettant de s’initier aux arts et religions du monde. Émile Guimet participe à de nombreux congrès internationaux d’anthropologie et d’archéologie et devient aussi un membre de la société asiatique sous le patronage d’Ernest Renan (1823-1892). En 1874, lors d’un congrès d’anthropologie et d’archéologie, Émile Guimet découvre le musée ethnographique de Copenhague au Danemark qui le fait réfléchir et lui donne une idée « ... en sortant de ce musée unique en son genre, je me demandais si en France, nous avions quelque chose d’analogue et si nous ne devions pas au plus tôt fonder une collection dont les enseignements sont si attrayants et profitables. ». Après l’exposition universelle de 1878, Émile Guimet décide de partir à Yokohama afin de visiter le Japon, un Japon à l‘aube du modernisme qui vient tout juste de réouvrir ses portes au monde occidental après plusieurs siècles de replis sur lui-même. A la suite de ce voyage, il écrit ses impressions dans un ouvrage en 2 volumes intitulé les promenades japonaises et qui seront publiées en 1878 et en 1880. A son retour, il décide aussi de présenter une partie du contenu qu’il a ramené du Japon, de la Chine et de l’Inde lors de l’exposition universelle de 1878. Le tout sera exposé dans la salle appelée « Religions de l’Extrême-orient », elle remporta un vif succès auprès des visiteurs.
Mais avant cette exposition, Émile Guimet avait déjà entrepris des travaux de construction pour un musée dans le quartier de la tête d’or à Lyon. Dans les années suivantes après l‘ouverture de son musée à Lyon, il souhaite le transférer à Paris ce qui donna lieu à un projet de loi déposé en 1885 stipulant que « Émile Guimet s’engage à céder et à transporter à l’État la propriété pleine et entière de ses collections. A faire construire à Paris, à ses frais, risques et périls, sur un terrain cédé par la ville de Paris, un immeuble plus important que celui de Lyon ».
Le musée Guimet de Paris a été inauguré en novembre 1889, la même année que l’inauguration de la tour Eiffel qui elle a eu lieu le 5 mai lors de l’exposition universelle, par le président Sadi Carnot (1837-1894), 5ème président de la république. Émile Guimet avait organisé son musée comme une exposition iconographique de tous les dieux des cultures romaine, grecque, indienne, tibétaine, chinoise et japonaise. Il désirait aussi que son musée ne soit pas un musée des beaux-arts mais un « laboratoire d’idées » grâce au centre de recherches et de réflexions sur les religions et civilisations du monde. Autre particularité intéressante du musée, une bibliothèque avait été installée en son centre avec des animations présentées par des artistes et des danseuses. C’est ainsi par exemple que le « tout Paris » se donna rendez-vous pour voir Mme Mac Leod, la future Mata Hari (Margaretha Geertruida Zelle 1876-1917), exécuter des danses brahmaniques dans la bibliothèque du musée Guimet en 1905. La bibliothèque accueillit aussi entre autre des cérémonies bouddhiques avec des lamas et des moines japonais. A la mort d’Emile Guimet, le successeur fut Joseph Hackin (1886-1941) son ancien secrétaire. En 1927, le musée Guimet est rattaché à la Direction des musées de France.
La même année, le musée accueille des collections importantes provenant d’Asie centrale et de Chine rapportée par de grandes expéditions. Il reçoit à partir de cette année là des œuvres originales provenant du musée Indochinois du Trocadéro. Joseph Hackin directeur du musée et directeur des fouilles archéologiques françaises en Afghanistan réalise de grands travaux pour y présenter à partir de 1938 une partie des collections khmères. Grâce à cet enrichissement et à toutes les pièces déjà présentes dans le musée, celui-ci devient célèbre pour la richesse de ses collections dans le domaine du monde indianisé. Dans le cadre d’une réorganisation des collections nationales, le musée Guimet envoie à partir de 1945 au Louvre ses pièces égyptiennes. En contre partie le musée reçoit du Louvre l’ensemble des œuvres du département des arts asiatiques. Le musée Guimet dirigé par René Grousset ,qui a prit la succession de Joseph Hackin, devient alors l’un des tous premiers musées d’art de l’Asie du monde. En 1954 Philippe Stern prend la direction du musée Guimet qui dirigera jusqu’en 1965. Sa succession sera reprise alors par Jeannine Auboyer qui entreprend des travaux à la fin des années 60 afin d’ajouter au bâtiment des espaces de bureaux et de réserves. En 1991, le musée Guimet ouvre le Panthéon bouddhique présentant une partie des collections rapportées du Japon par Émile Guimet lui-même. Durant cette même année un jardin d’inspiration japonaise d’une surface de 450 m2 a été aménagé par Robert Bazelaire. En 1996 a été mis en place un programme de rénovation générale décidé en 1993 et le musée a réouvert ses portes le 21 janvier 2001 après une réfection complète.
Aujourd’hui le musée national des arts asiatiques Guimet c’est 5500 m2 de galeries permanentes, « entrer au musée Guimet c’est comme ouvrir l’écran de la sagesse et de la sérénité ». À l’entrée, une librairie et une élégante boutique offrent une multitude d‘ouvrages mais aussi de répliques des pièces de musée. L’hôtel particulier néo-classique fut sauvegardé puis rénové et le jardin japonais est serti d’un pavillon de thé réalisé par les meilleurs artistes et charpentiers japonais. Le musée est maintenant composé ainsi :
le rez de jardin qui contient l’auditorium, les expositions temporaires, la cafétéria, le service action culturelle, la maintenance musée et la réserve collections.
- le rez de chaussée qui contient les expositions temporaires, la bibliothèque, la librairie-boutique, la collection Inde et la collection Asie du sud-est. La collection Inde est constituée d’une part, de sculptures (terre cuite, pierre, bronze et bois) s’échelonnant du IIIème millénaire avant notre ère jusqu’aux XVIII-XIXèmes siècles de notre ère, et d’autre part, de peintures mobiles ou miniatures, du XVème au XIXème siècle. Le département d’art de l’Asie du sud-est est le résultat de la réunion de deux grandes collections d’art khmer provenant du fonds ancien du musée et celle de l’ancien Musée Indochinois du Trocadéro.
1er étage qui contient la collection Chine, la collection Asie centrale, la collection Afghanistan-Pakistan, la collection Arts de l’Himalaya et la collection Riboud. La collection chinoise contient environ 20 000 objets couvrant 7 millénaires d’art de la Chine depuis ses origines jusqu’au 18ème siècle. Les pièces rassemblées de la collection Asie centrale illustrent l’art des grands centres bouddhiques, qui ont été autant d’étapes de la progression des caravanes sur le parcours oriental de la route de la Soie. La collection Afghanistan-Pakistan présente tout un lot d’ivoires indiens du style de Mathurâ, à côté d’une verrerie gréco-romaine, de laques chinois typiques de l’époque Han. La collection de l’art de l’Himalaya a toujours fait partie du musée dès sa création à Lyon. La section himalayenne est de nos jours composée d’un ensemble d’environ 1600 pièces composée de bronzes et de peintures en autre.
2ème étage qui contient une autre partie de la collection Chine, la collection Corée et la collection Japon. La collection coréenne se compose de 1000 pièces environ couvrant pratiquement toutes les époques en Corée. Elle reste cependant relativement pauvre en punch’ong, paysages et peintures lettrées mais elle a en revanche une partie importante concernant le bouddhisme. La collection japonaise compte environ 11000 œuvres permettant d’avoir un panorama extrêmement riche et diversifié de l’art japonais depuis sa naissance jusqu’à l’avènement de l’ère Meiji (1868).
3ème étage qui contient l’administration, les archives photographiques et encore une autre partie de la collection de Chine.
4ème étage qui contient une dernière partie de la grande collection de Chine.
Un musée très riche et varié qui accueille régulièrement des expositions exceptionnelles à découvrir comme en 2003 « Confucius » ou comme la dernière en date « Lumières de soie ». Cette exposition de soieries tissées d’or de la collection Riboud est déjà installée depuis le 27 octobre 2004 restera au musée Guimet jusqu’au 7 février 2005. L’exposition est organisée avec le soutien du Crédit Agricole S.A. et de la Fondation Électricité de France. Grâce au très important leg par Krishna Riboud en 2003,le musée Guimet devient l’un des plus riches au monde en ce domaine. Cette exposition consacrée aux textiles d’Asie est organisée pour la 1ère fois au musée et permet de rendre ainsi hommage à l’une des grandes mécènes du Musée Guimet. Krishna Roy (Riboud son nom d’épouse) est née le 12 octobre 1926 à Calcutta. En 1949, elle épouse Jean Riboud avec qui elle fonde en 1979, l’Association pour l’Étude et la Documentation des Textiles d’Asie, à Paris, considérée comme le plus riche ensemble de textiles asiatiques en mains privées. En 1989, elle offre au Musée National des Arts asiatiques-Guimet 150 des plus belles pièces de sa collection. En 1993, elle aide le musée à acquérir un remarquable textile Song. 5 mois à peine avant sa mort le 27 juin 2002 des suites d’une longue maladie, elle fait une donation d’objets d’art et de bijoux de l’Inde des XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècle.
La collection « Lumières de soie » contient un nombre important de textiles chinois particulièrement rares et précieux, remontant pour certains au 10ème siècle. Les objets rassemblés dans la collection ont ainsi un point commun qui est de réunir deux matériaux d’exception l’or et la soie. Ils sont unis par le tissage, dévoilant dans le même temps les importantes variations possibles de la technique comme le Samit, Lampas ou le Ikaria. L’exposition sera prolongée par un accrochage de photographies anciennes afin de faire mieux connaître les richesses des fonds photographiques anciens du musée Guimet. Les photographies ont été choisies pour s’accorder avec l’exposition et en fonction de leur intérêt documentaire pour la compréhension des techniques textiles.Elles permettent aussi de montrer les costumes ainsi que des figures humaines en action.
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h00, les tarifs sont :
5.50 € entrée musée plein tarif
7 € ou 5 € tarif réduit pour un billet exposition + une entrée au musée
5.5 € ou 4 € tarif réduit pour le billet d’exposition temporaire seule.
Les tarifs réduits s’adressent aux jeunes de 18 à 25 ans. Gratuité pour les moins de 18 ans, les handicapés, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RMI, les enseignants en activité, les journalistes, les membres de la S.A.M.G. et de l’A.F.A.O., les étudiants de l’INALCO et de certaines écoles d’art.
L’entrée du musée est gratuite à tous les premiers dimanche de chaque mois et tarifs réduits pour les autres dimanche.
Le musée dispose aussi :
d’un panthéon bouddhique à l’hôtel Heidelbach 19 avenue d’Iéna. Le Panthéon bouddhique est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 17h45, le jardin de 13h à 17h.
d’une bibliothèque. Elle est ouverte les lundi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 17h00. L’accès est gratuit et consultation des documents sur place uniquement.
d’une librairie-boutique. L’accès est gratuit au mêmes horaires que le musée.
d’un restaurant. Il se situe au rez-de-chaussée et l’accès est gratuit aux mêmes horaires que le musée.