Comme des millions d’adolescentes en France, Solenn sera atteinte à l’age de 16 ans d’anoxerie mentale, maladie psychologique qui conduit la personne atteinte de refuser toute alimentation au point de mettre sa vie en danger. Pour tenter de combattre cette maladie, Solenn aidée par sa famille, se fera hospitaliser à de nombreuses reprises. Lors de ce parcours difficile, Patrick Poivre d’Arvor afin de se rapprocher de sa fille et de la soutenir lors des ses hospitalisations, a écrit « lettres à l’absence » en 1993. Véronique Poivre d’Arvor aborde elle aussi ces périodes d’hospitalisation dans son livre « A Solenn ». Malgré son combat contre la maladie, l’aide médicale et le soutien de sa famille, Solenn mettra fin à ses jours en 1995. Son père écrira un livre après sa mort « elle n’était pas d’ici ». Véronique Poivre d’Arvor, quant à elle, espère « que si cette souffrance qu’a été la notre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien ». Le livre « A Solenn » de Véronique Poivre d’Arvor, permet d’avoir un éclairage sur la douloureuse présence de la maladie, puis l’horreur de la perte d’un enfant qui n’a pas réussit à combattre la maladie. Ce livre est le témoignage que les adolescents ne sont plus tout à fait des enfants mais pas encore des adultes et que cette période très difficile peut se terminer en drame.
De nos jours, les spécialistes estiment que 10% d’adolescents ne vont pas bien de manière chronique ou permanente. Ces adolescents ont besoin d’une aide appropriée et souvent d’une prise en charge en milieu hospitalier avec des structures adaptées et spécifiques à leurs maladies et à leur age. C’est pourquoi la fondation Hôpitaux de Paris-Hopitaux de France, présidée par Madame Bernadette Chirac ont ouvert les portes de la « maison des adolescents-maison de Solenn » en décembre 2004. Cette structure unique en Europe porte le nom de Solenn Poivre d’Arvor qui faisait partie des adolescents victime de mal-être. « Passé les portes de cette maison luxueuse baptisée Maison de Solenn du nom de la fille, décédée en 1995, du journaliste Patrick Poivre d’Arvor, les adolescents de 12 à 19 ans mais aussi leurs parents seront reçus pour être écoutés, informés.... Nous dirigeons ensuite l’adolescent, en fonction de ses besoins, vers l’équipe médicale composée notamment de 2 psychiatres, une endocrinologue, un médecin et un pédiatre. Les consultations sont gratuites et l’adolescent pourra venir avec ou sans rendez-vous ». Réalisée en partenariat avec l’assistance publique et les hôpitaux de Paris, les missions de cette maison sont d’offrir un lieu d’accueil, d’informations, de prévention, de prise en charge médicale, de suivi et d’enseignement et de recherche sur les pathologies rencontrées à l’adolescence.
La mort dramatique de Solenn, si triste soit-elle, n’aura pas été inutile puisqu’elle a permis d’ouvrir les portes de la maison des adolescents et ainsi apporter assistance aux adolescents qui comme elle souffrent à l’intérieur d’eux même sans pouvoir réussir à combattre ce mal-être.