
Perte continue d’ozone en Antarctique
L’ozone est aujourd’hui observé par un réseau de stations au sol et au moyen de satellites artificiels créés en partie par la Nasa.
C’est en 1985 que l’alerte a été donnée avec la découverte d’une diminution importante de la concentration d’ozone au cours des mois de septembre et d’octobre au-dessus du continent antarctique.
Une réduction de près de 50% du contenu total d’ozone était observée, se produisant au cours du printemps austral et couvrant toute la surface de l’antarctique.
Depuis la fin des années 1970, l’épaisseur de l’ozone est passée, en certains endroits, de l’équivalent de 3 mm à 2 et même 1,5 mm aujourd’hui, en moyenne pour le mois d’octobre.
C’est cette diminution relative de l’épaisseur de la couche d’ozone stratosphèrique (par rapport à son épaisseur standard ou initiale de 300 Dobson), que l’on nomme « trou d’ozone » ou « trou dans la couche d’ozone » .
En 2000, 2001 et 2003, le trou dans la couche d’ozone a atteint une superficie jamais observée avant 2000, alors que celui de 2002 était le plus petit qui ait été observé depuis 1998.
En effet, à la fin de l’été 2003, le trou a de nouveau atteint un record de superficie pour diminuer rapidement durant le mois d’octobre.
En 2006, un nouveau record a été enregistré au dessus de l’antarctique.
En 2006, l’ONU et les experts alertent sur le fait que la couche d’ozone se reconstitue moins vite que prévu, en raison probablement de l’utilisation persistante de gaz interdits, de type CFC, mais peut-être aussi à cause de l’effet de serre et des traînées de condensation laissées par les avions.
Ces dernières, avec d’autres émetteurs de gaz à effet de serre, contribuent en réchauffant les basses couches de l’atmosphère à priver les hautes couches d’une partie des calories provenant du rayonnement du sol.
Ces hautes couches se refroidissent, or le froid exacerbe les réactions chimiques de destruction de l’ozone.
Le trou dans la couche d’ozone a atteint une superficie record fin septembre 2006 et une épaisseur minimale record début octobre, aux alentours de 0,8 Dobsons.
À cette époque, à Ushuaia, petite ville du sud de l’Argentine (non loin de l’Antarctique), les habitants ont été contraints de ne pas sortir découverts, car ils risquaient d’être brûlés vifs.
Perte d’ozone en Arctique
En océan Arctique, l’ampleur du phénomène n’atteint pas encore celle qui est observée dans l’hémisphère Sud.
Le fait que la perte d’ozone, si importante en Antarctique, soit moindre au-dessus de l’Arctique découle des différences climatiques entre ces deux régions.
Le refroidissement de la stratosphère polaire est en effet moins intense au nord où, en moyenne, les températures sont de 15 à 20°C supérieures à celles observées au pôle Sud.
Cette différence de comportement entre les deux pôles est directement liée à la géographie :
Le continent antarctique est isolé au milieu des océans dans l’hémisphère Sud.
Dans l’hémisphère Nord, au contraire, une alternance de continents et d’océans, de zones de hautes et de basses pressions atmosphériques contribue à créer un mouvement continu des masses d’air tel que le pôle Nord ne reste jamais totalement isolé.
L’air des latitudes moyennes, plus chaud, arrive donc toujours au pôle, y augmentant ainsi les températures moyennes.
En exploitant des données fournies par un satellite de la NASA chargé de la recherche de la haute atmosphère, les chercheurs ont remarqué que les nuages stratosphériques de l’Antarctique ont une durée de vie deux fois plus longue que ceux situés au-dessous de l’Arctique.

L’action des ultraviolets sur les organismes vivants
Les ultraviolets sont des agents mutagènes :
ils détériorent l’ADN des cellules, ce qui dérègle leurs activités (ex : cancer) ou les détruit (coup de soleil).
Le 9 octobre 2003, au sud du Chili, la couche d’ozone qui avait perdu 50% de son épaisseur habituelle, offrait si peu de protection contre les ultraviolets que ce jour-là, il suffisait de passer cinq minutes dehors sans protection pour attraper un coup de soleil.
Le sud du Chili n’est pas la seule zone atteinte.
D’autres régions de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ont également connu des épisodes semblables.
De plus, les rayons ultra-violets perturbent les divisions cellulaires des micro-organismes aquatiques, ce qui a de graves conséquences sur la vie aux pôles.
En plus des cancers de la peau, on observe aussi un affaiblissement général du système immunitaire.
L’action planétaire pour la préservation de la couche d’ozone
Mesures prises :
Le protocole de Montréal, signé en septembre 1987 puis révisé à Londres, Copenhague, Montréal et Pékin jusqu’en 1999, a préconisé une diminution des émissions de 50% en dix ans.
L’Union européenne a proposé en 1989 une interdiction totale de l’utilisation des CFC durant les années 1990, qui fut approuvée par les États-Unis.
L’Union Européenne s’est ensuite dotée en 2000 d’un règlement européen (2037/2000) visant à transposer le Protocole de Montréal en droit européen, tout en fixant des objectifs plus ambitieux de réduction ou d’interdiction de certains gaz détruisant la couche d’ozone.
Malgré les mesures prises, le trou dans la couche d’ozone continue de s’agrandir.
L’avenir

Même si les émissions de gaz chlorés étaient totalement arrêtées, il faudrait environ 70 ans pour que le taux du chlore dans l’atmosphère redevienne inférieur à deux milliardièmes.