Soulignant la bonne santé du marché du livre en France, Christine Albanel a rappelé que ce secteur occupait "la première place dans les industries culturelles".
Selon elle, ce secteur doit désormais relever des défis, notamment numériques.
Le rapport Livre 2010 remis l’été dernier contenait plusieurs éléments en la matière, notamment la création d’un Conseil du Livre.
La ministre a indiqué que l’arrêté de sa création était en cours et que la première séance du Conseil, qui réunit des représentants de l’Etat, mais aussi des professionnels, aurait lieu en juin prochain.
Rappelant la fragilisation des librairies indépendantes constatées lors de la mission Livre 2010, Mme Albanel a indiqué que la préconisation d’Antoine Gallimard sur la labellisation des librairies allait être mise en oeuvre.
Le décret d’application actuellement en cours de discussion avec le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi permettrait ainsi "d’exonérer de taxe professionnelle les librairies labellisées dès 2009".
La ministre a clairement orienté son discours sur l’avenir du livre numérique, indiquant qu’il s’agissait du "plus grand défi qui se pose au livre depuis sa naissance".
Une expérimentation d’offre légale sur Internet, Gallica 2, sera proposée demain avec la Bibliothèque de France, le Centre national du livre et le Syndicat national de l’Edition.
Les internautes devraient ainsi retrouver près de "60.000 ouvrages patrimoniaux et 2.000 livres d’une cinquantaine d’éditeurs".
Parallèlement, Mme Albanel a indiqué que le rapport issu de la mission de concertation, de réflexion et de proposition sur la diffusion des oeuvres sur Internet, confiée à Bruno Patino, président de Télérama et directeur du Monde Interactif, devrait être remis le 20 mai prochain.
La ministre de la Cuture a profité également de ce point presse pour évoquer la polémique concernant le Salon du Livre de paris, dont Israël est l’invité d’honneur cette année.
"Les appels au boycottage m’attristent profondément, parce que je suis convaincue que s’il est un lieu où nous pouvons évoquer librement, ouvertement, sans haine, la situation du Proche-Orient, c’est bien un salon tel que celui-ci.
Et s’il est des personnalités avec lesquelles on peut véritablement faire avancer le débat, ce sont précisément des écrivains tels qu’Amos Oz ou encore David Grossman, fondateurs du mouvement « La Paix maintenant » et tous ceux qui ont été invités à Paris.
(...) Le Salon du livre est depuis toujours l’ambassade de l’esprit.
Il doit continuer à remplir cette noble vocation", a indiqué Christine Albanel.