Louis-Eric Beckensteiner, président de la marque, revient sur les points forts et la stratégie de la Maison.
Comme pour célébrer l’événement, la marque revient après quatre années d’absence au salon mondial de l’Horlogerie et de la Bijouterie BaselWorld qui se tient du 3 au 10 avril prochains, à Bâle, en Suisse.
En 60 ans d’existence, qu’est-ce qui définit Yema ?
- Louis-Eric Beckensteiner, président de Yema
Louis-Eric Beckensteiner : Dès sa création en 1948, Yema s’est positionnée vers l’innovation technique. L’investissement dans la Recherche et Développement ont toujours été des fondamentaux de la marque. Nous sommes les premiers à avoir produit une montre étanche jusqu’à 300 mètres, l’ancienne "Superman". Mais Yema, ce sont aussi des montres de "baroudeurs" : la marque s’est ainsi lancée dans le sponsoring, en équipant par exemple les explorateurs du Pôle Nord, et les spationautes français.
En 1988, Yema est passée du groupe Matra au groupe japonais Hattori. Quand vous avez intégré le groupe en 1995, où en était la Maison ?
L-E. B. : La marque avait connu un grand succès dans les années 80, où elle produisait plus de 500.000 montres pour l’export. Mais à la fin des années 80, le groupe a changé l’orientation de la marque, en misant de moins en moins sur l’export et la R&D. On a fait des études, et on s’est aperçu que la marque était sans visage. Par exemple, en essayant de faire remonter les modèles historiques pour constituer un musée, on s’est aperçu qu’à partir de 1993, il n’y avait plus de pièces phares.
En 2001, vous avez été chargé de repositionner la marque, que vous avez finalement rachetée en 2004. Quelle a été votre stratégie pour surmonter ces difficultés ?
L-E. B. : Le marché a énormément changé : quand la marque a été créée, il n’y avait pas plus de 2 ou 3 marques horlogères sur le marché français. De nos jours, elles sont plus de 1.200. Il faut que notre visibilité dans les vitrines soit très forte. On a donc décidé de réduire la collection, pour que le consommateur retienne mieux notre identité. On a vu que notre véritable terreau était la France, et on a misé sur les trois points qui ont fait la force de Yema : l’audace, le bon sens et le savoir-faire français. La complexité technique, l’usage de matériaux innovants, l’étanchéité de nos montres en sont des exemples. En restant sur les fondamentaux de la marque, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas.
Quels sont les temps forts à venir pour Yema ?
L-E. B. : Il y a d’abord Bâle, à partir du 3 avril, où nous n’avions pas été depuis 4 ans. On y présentera la nouvelle collection, "Time of heros". On travaille dessus en secret depuis 3 ans, et elle est très attendue. Elle est composée de 48 modèles, inspirés des modèles historiques, que sont par exemple la Sous-Marine, la Flygraf, la Rallygraf... Le salon sera notamment l’occasion de développer les exportations. Le 11 avril, on inaugurera notre nouvelle usine à Besançon. Car pour la première fois, nous sommes installés dans nos propres locaux.
Site : www.yema.fr