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vendredi 22 mai 2009
par Relaxnews
"La Vendée et Madame", récit inédit d’Alexandre Dumas, sort lundi
Les éditions Alphée publient le récit inédit d’Alexandre Dumas, La Vendée et Madame, le 25 mai.
- La Vendée et Madame d’Alexandre Dumas
Cet ouvrage est préfacé par Claude Ribbe, spécialiste des Dumas et Président de l’association des amis du général Dumas.
L’auteur raconte dans cet opus l’histoire vraie de la Princesse Marie-Caroline de Bourbon Sicile, veuve du duc de Berry, le fils de Charles X. Cette dernière est décidée à soulever la Vendée et faire reconnaître son fils comme souverain légitime à Paris.
Le jeune Alexandre Dumas part sur les traces de son père, le général Dumas, ancien commandant en Vendée. Il rédige cette chronique et dévoile ainsi ses talents de futur romancier.
Alexandre Dumas a signé de nombreuses pièces de théâtres, de grandes fresques historiques et des romans comme Les Trois Mousquetaires ou Le Comte de Monte-Cristo.
Voici un extrait de La Vendée et Madame d’Alexandre Dumas :
| BONNES FEUILLES |
La Vendée et Madame d’Alexandre Dumas Sortie : 25 mai 2009 Editions Alphée |
À peine la fusillade du 29 juillet se fut-elle éteinte dans les rues de Paris, que tous les yeux se tournèrent vers la Vendée. On vit avec anxiété la famille déchue prendre le chemin de Cherbourg : un coup de main royaliste pouvait être tenté, lors de son passage à Alençon ou à Vire ; elle-même pouvait tromper la surveillance des commissaires qui l’accompagnaient et se jeter dans la Vendée par la Mayenne et la Loire-Inférieure ; rien de cela n’arriva. La famille royale et proscrite traversa la moitié du royaume, sans que son chef fît une seule tentative pour rattacher au sol la plus vieille dynastie de l’Europe : un vaisseau attendait dans le port de Cherbourg ces élus de l’exil, et pour la troisième fois le vent des révolutions les emporta à pleines voiles loin des rivages de France. La Vendée les vit s’éloigner sans leur faire un signe d’adieu : non pas qu’elle fût indifférente à leur départ, non pas qu’elle eût perdu tout son sang par les deux blessures que lui avaient faites la hache de Robespierre et l’épée de Napoléon, non pas que son coeur royaliste si ardent à la guerre civile eût cessé de battre dans le Bocage ; mais parce qu’au moment d’un tremblement de terre, chacun pense à sa propre sûreté d’abord et que dans nulle province plus que dans laVendée la secousse n’avait été violente et inattendue. Cependant cette tranquillité ou plutôt cette stupeur momentanée n’avait point rassuré le général La Fayette. La Vendée avait été l’objet de sa première investigation et plusieurs personnes y avaient été envoyées par lui, chargées de différentes missions : Alexandre Dumas, entre autres, devait y étudier la possibilité d’établir une garde nationale. Cette idée qui, au premier abord, et aux yeux des personnes qui ne connaissent pas la Vendée moderne, pouvait paraître inapplicable dans son exécution, était cependant chose, sinon facile, du moins rigoureusement possible : la Vendée de 1830 n’était plus celle de 94. La population, divisée autrefois en nobles et en métayers seulement, s’est accrue depuis lors d’une nouvelle classe qui s’est glissée entre les deux autres : c’est celle des propriétaires des biens nationaux. Quoique cette grande oeuvre de la division territoriale, qui était la pensée intime de la Convention, eût eu plus de peine à s’accomplir dans ce pays, combattue qu’elle fut par la guerre civile, il y a bien peu de grands propriétaires qui n’aient laissé quelques lambeaux de leur héritage aux mains de la Révolution : ces lambeaux ont formé la propriété secondaire dans laquelle est l’esprit de progrès et de liberté, parce que le progrès et la liberté seuls peuvent lui assurer la possession tranquille de ces biens, que toute contre révolution remettra en doute ; c’est elle qui réagissant contre la noblesse, qui l’emporte sur elle par la fortune, mais sur laquelle elle l’emporte par le nombre, nous envoie depuis 1815 des députés patriotes, dont la présence à la Chambre serait un problème sans cette explication ; c’est elle enfin qui, joyeuse de la révolution de 1830, parce qu’elle reconnaissait en elle la fille de 93, devait y voir une consécration de la vente des biens nationaux et par conséquent devait soutenir cette révolution de tout son pouvoir. Or par quel meilleur moyen pouvait-elle la soutenir que par l’organisation d’une garde nationale chargée de veiller sur la tranquillité du pays et qui, composée d’une classe assez nombreuse pour obtenir lamajorité aux élections, eût été assez nombreuse aussi pour imposer, les armes à la main, sa volonté pacifique à ses ennemis ? Le projet du général La Fayette n’avait donc rien que de très logique dans sa pensée et que de très possible dans son exécution. Deux mois de séjour dans les départements de la Loire-Inférieure, du Morbihan et de Maine-et-Loire, convainquirent Alexandre Dumas que c’était non seulement une excellente mesure à adopter,mais encore que cette mesure était instante. Il avait vu tomber partout ces éléments de guerre civile qui germent si chaudement sur la terre vendéenne. Il avait passé au travers des rassemblements royalistes qui se formaient publiquement dans les châteaux du Combouros, des Herbiers, et de La Boissière du Doré ; il avait désigné par leurs noms les Bonchamps et les d’Elbée modernes qui devaient prendre part à la nouvelle guerre civile, et il avait, aidé des conseils des hommes du pays, indiqué les moyens de prévenir cette guerre.Malheureusement, lorsqu’il revint à Paris, une réaction gouvernementale s’était déjà opérée ; le général La Fayette n’avait conservé dans la nouvelle organisation ministérielle qu’une influence factice ; il ne put donc qu’adresser son envoyé à M.Guizot, ministre de l’Intérieur. |
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