En moins de cinq ans, Dacia a vendu 1 million de Logan dans le monde
Crédits : J. Van Endert
C’est en effet le 2 juillet 1999 que le constructeur français officialisait le rachat de son homologue roumain, pour en faire l’une des marques les plus dynamiques de ce début de siècle. Entre 2000 et 2008, les ventes de cette filiale ont été multipliées par cinq. Clé du succès : la Logan, une voiture simple et sobre, peu coûteuse à produire, et vendue à des prix défiant toute concurrence.
Si Dacia est tombé dans l’escarcelle de Renault il y a dix ans, les liens entre les deux constructeurs sont plus anciens. L’entreprise roumaine fondée il y a quarante ans s’était dès le départ spécialisée dans la fabrication sous licence de voitures dérivées de modèles Renault, comme la Dacia 1300, développée sur la base d’une Renault 12.
En 1997, lors d’un voyage à Moscou, Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, se rend dans un hangar où l’on vendait de vieilles Fiat transformées en Lada pour 6.000 dollars. Il rapporte de sa visite le projet de lancer, au même prix que les Lada, une voiture tout aussi rationnelle mais plus sûre et fiable.
Deux ans plus tard, Renault rachète Dacia et confie à sa nouvelle marque la production du véhicule simple et pas cher imaginé plus tôt par Louis Schweitzer. Cette berline tricorps robuste et rudimentaire mesure 4,25 m de long et s’appelle Logan.
"La Logan suit la stratégie inverse du modèle automobile classique", explique Vincent Carré, Directeur du marketing chez Dacia. "Là où les autres constructeurs s’intéressent avant tout à la technologie et aux équipements, Dacia a fixé le prix de vente de sa voiture, et cherché à réaliser un produit sûr et fiable sans jamais dépasser le budget initial".
A sa présentation le 2 juin 2004, cette voiture "low-cost" est avant tout destinée aux classes modestes des pays émergents. Mais face au carton réalisé en Roumaine, Renault se décide à lancer dès 2005 la Logan sur d’autres marchés européens, dont la France.
Parce que son prix est imbattable (7.600 euros en entrée de gamme, soit moins qu’une Smart ou une Twingo), et qu’elle répond aux besoins des ménages dont le pouvoir d’achat modéré ne permet par forcément de s’acheter un véhicule neuf, la Logan parvient tout de même à s’imposer sur un marché français ultra-concurrentiel.
"Les acquéreurs de Logan sont généralement d’anciens possesseurs de véhicules d’occasion qui ne souhaitent pas consacrer un budget trop élevé dans l’automobile", souligne Vincent Carré. "En entrant dans nos concessions, le client sait qu’il va acheter une Dacia car c’est un véhicule qui par son prix lui permet d’accéder à l’automobile neuve".
Grâce à la Logan, les ventes de Dacia passent de 100.000 exemplaires en 2004, à près de 260.000 en 2008. Le modèle est vendu dans plus de 50 pays : Roumanie, France, mais aussi Allemagne, Espagne, Russie, pays du Maghreb, Iran, Inde, Brésil, Argentine, Colombie, etc.
La Logan, qui avait été lancée en version unique, existe aujourd’hui sous quatre silhouettes (la berline tricorps 4 portes, le break MCV, l’utilitaire, et le pick-up), et une version crossover est même attendue d’ici peu. Renault produit son nouveau modèle phare à Pitesti (Roumanie), mais aussi à Moscou, Casablanca, en Colombie, au Brésil, en Inde et en Iran.
La voiture low-cost a également donné une petite soeur, la Sandero, une berline compacte proche de la Clio que Renault a lancée l’année dernière à moins de 8.000 euros. Une version GPL de ce modèle vient également d’être commercialisée, à partir de 5.900 euros (prime à la casse et bonus compris).
En ces temps de crise, les 1,5 million de Dacia vendues dans le monde en quelques années inspirent d’autres constructeurs généralistes qui veulent eux aussi leur propre Logan. Fiat, Toyota, Volkswagen, Suzuki et même General Motors travaillent à leur tour sur une voiture simple, sobre, et peu coûteuse. Pour l’heure, la seule véritable concurrente de la Logan n’est autre que la Nano, une voiturette que Tata Motors propose en Inde au prix de 1.500 euro.